Mahana est à Ste Lucie après 22 jours de traversée depuis les Canaries. La transat s’est bien déroulée malgré l’absence d’alizés sur les ¾ du parcourt. Les vents ont été variables et plutôt faibles la première semaine puis plus soutenus et sud-est la 2ième semaine et enfin les alizés 20 à 25 ND est nord-est pour la dernière ligne droite avec beaucoup de roulis dans une houle pentue de 3 à 4 metres , donc pas de coup de vent en dehors de grosses rafales pendant les grains ( jusqu’à 45 nd pendant les 2 dépressions tropicales traversées), un orage unique mais énorme pdt 3 heures avec des vents variables en direction d’une minute à l’autre passant ainsi de sud-est à nord-ouest, Mahana étant sous régulateur d’allure nous faisions ainsi des ronds sous l’orage.La meilleure solution a été de faire une heure de moteur pour se dégager de cet orage .
Nous avons fait tourner le moteur que 3 heures : 1 heure pdt l’orage et 2 heures pour recharger les batteries la première semaine .Par la suite nous avons limité la consommation électrique au maximum : feux à led la nuit et point gps qu’à midi, minuit et pour vérifier nos calculs de droite de hauteur de soleil dans l’après midi.
Le gros apprentissage de la transat a été la navigation astronomique sans les éphémérides nautiques de l’année, avec la méthode du temps orbital nécessitant plus d’additions et donc à la clé des fautes d’étourderies en plus nous obligeant à refaire les calculs . Cela nous prenait plus d’une heure au début puis seulement un quart d’heure ensuite et on a réussi a avoir de très bonnes précisions en général ( la meilleure était de 0,1 miles soit 180 mètres peut être un coup de chance) .
Les nuits Je prenais le premier quart de 8h à minuit, papa assurait celui de minuit à 4h puis je prenais la relève de 4h à 7h et papa de 7h jusqu’à mon réveil vers 10h. Papa était souvent somnolent dans la journée mais moi je n’ai eu aucun problème de ce coté.
Les journées étaient rythmées par les mesures de sextant 1 le matin l’autre l’après-midi avec les calculs à suivre, la météo (toujours fausse) sur RFI à 11h30 UTC , les points gps avec dessin du chemin sur une grande carte mondiale , la pêche bonne les 15 premiers jours (coryphenes et bonites la plus grosse mesurant 90 cm), la lecture et des parties de backgammon, enfin la nuit nous apprenions à nous repérer avec les constellations. Pour la transat retour on espère faire des droites de hauteur d’étoiles pour calculer notre position la nuit comme le jour.
Au total nous avons parcouru 2856 milles en 22 jours soit une moyenne de 5.5 nd .C’est satisfaisant vu le manque de vent au début, la quantité d’anatifes (mollusques) qui ont colonisé la coque et le peu de moteur fait. La meilleure traite journalière a été de 156 milles sous génois seul par plein vent arrière. En fait on a été plutôt sous-toilé pour être tranquille surtout la nuit ou l’on ne voit pas les grains arriver.
C’est donc un long chemin pendant ces 22 jours mais bien agréables sans sensation d’ennui et beaucoup de plaisirs en harmonie avec la mer, le vent, les astres et la faune (dauphins par centaines, oiseaux marins, poissons volants et autres, tortues de mer)